Jacques MONORY à la Fondation MAEGHT

 

 

Fondation Aimé et Marguerite MAEGHT, Saint Paul de Vence,

du 29 mars au 14 juin 2020

 

 

 

 

 

 

La première exposition monographique de Jacques Monory depuis sa disparition en 2018, se déroule à la fondation Maeght au printemps 2020.

 

Intitulée « Jacques Monory », l’exposition présente à travers soixante ans de carrière, un talent constant, à la contemporanéité picturale évidente. Les œuvres réunies à la fondation Maeght montrent l’acuité des thèmes qui traversent son œuvre tout au long de sa vie. Hautement figuratives, parfois hyperréalistes, les scènes narratives et énigmatiques qu’il peint révèlent le monologue de l’artiste qui s’interroge et s’invente chaque jour.

 

L’exposition propose un parcours où les thématiques de l’artiste s’interpellent de salle en salle.

Son rêve de peindre commence par des ambiances bleues qui mettent en scène ce qu’il pense de lui et du réel. Un bleu emblématique, monochrome qui le nomme directement. Un bleu qui exacerbe le détachement de sa peinture à la réalité, par lequel il nous confie une sorte de vide en prise aux doutes.

 

C’est à partir d’images de film et de photographies, qu’il puise l’iconographie de ses réflexions.

Il prolonge l’expérience de la peinture en y incluant des objets. C’est dans cette dimension fortuite entre image du réel et vie imaginaire que la rencontre entre lui et nous s’opère.

 

Les paysages urbains ou de grande étendues de nature, et de cieux nous livre une forme de portrait intime, à travers le silence mental qui s’en dégage.

En reprenant certaines scènes du cinéma hollywoodien des années 1950, il dissimule un certain romantisme, en mettant le monde à distance. Monory existe entre ces deux états.

Il ne donne surtout pas de leçon, il s’interroge : comment vivre dans ce monde qui arrive sans cesse par les canaux de l’image : un monde violent, déraisonnable, illogique, surprenant et souvent faux.

 

La peinture se fait écho de la modernité dont il conjure la violence en s’appliquant à la représenter. Et la tragédie rejoint l’absurde quand il extrait du tourbillon des images, des fragments d’histoires qui questionnent la cruauté, la liberté, la science, le sens, la mort… 

 

A travers son œuvre, le peintre continue de s’interroger, d’interroger la peinture et le monde qui entre dans sa peinture, et donc dans sa vie. Monory parlait peu, et quand sa voix fine et souriante perçait le silence d’une phrase courte, il relativise l’ambiance, sa peinture et sa personne. Le peintre existait à travers sa peinture, et c’est désormais sa peinture qui nous en dresse le portrait.

 

Laurence d'Ist

commissaire d'exposition