ENTRE LES DEUX JACQUES                                                          

Jacques Villeglé, Jacques Bosser  

 

Château du Val Fleury, Gif-sur-Yvette, France, 22 mai au 13 juillet 2014,  ©ldist

 

 

 

 

Réunir Jacques Villeglé et Jacques Bosser dans l’exposition Entre les deux Jacques relève le défit de convier deux artistes qui vivent dans la même ville, Paris, et mènent une carrière internationale avec un parcours bien différent.

Et pourtant, le jeu des similitudes ne se limite pas à leur prénom. Tous deux originaires du nord-ouest de la France, ils s’installent dans la capitale sitôt leurs études terminées. Ils apprécient la peinture, ils en connaissent l’histoire et s’intéressent à la création contemporaine. Tous deux reconnaissent l’impact de l’abstraction sur leur apprentissage. C’est  la peinture gestuelle qui domine la jeunesse de Villeglé durant les années 50, et c’est la peinture minimale américaine qui surprend le jeune Bosser dans les années 70.

 

Pourtant les deux Jacques choisissent une autre voie. Ils ne semblent pas se retrouver dans l’actualité artistique dominante de leurs époques ni auprès de peintres plus âgés qu’ils apprécient et côtoient par ailleurs. En fait, Villeglé et Bosser sont proches des générations qui ont vécu le conflit de la seconde Guerre Mondiale.

Villeglé reconnaît avoir « lorgner du côté de Hans Hartung sans avoir le tempérament de peintre gestuel » et Bosser remercie l’aide que lui apporte l’ancien résistant et peintre lyrique Georges Noël, en l’incitant à explorer d’autres supports que la toile.

 

Mais pour les deux Jacques, la réalité culturelle et économique qui les entoure influences davantage leurs imaginaires. Les peintres des générations précédentes, tant abstraits furent-ils, ont grandi au contact de l’onirisme surréaliste et de la fougue dadaïste. Pour les deux Jacques, c’est la société de consommation et de communication qui dominent. Les images télévisées, les publicités utilisant des couleurs vives et criardes s’imposent dans le paysage urbain et les consciences.

 

Et face à cette réalité, les deux Jacques préfèrent trouver une écriture nouvelle plutôt que d’utiliser cette réalité marchande en tant que telle. Les lacérations de papier chez Villeglé et les cercles de couleurs pour Bosser se révèlent les signes d’un nouveau langage.

Un langage qui ferait le lien entre la modernité et la dimension sauvage et archaïque de l’Homme. Il existe chez les deux artistes un désir de retrouver, chacun sous une forme différente, le geste sensible, la présence vivante.

 

http://villegle.free.fr

    www.jacquesbosser.net

 

 

Laurence d'Ist