TRAGEDIES MONORY

Jacques Monory                                                                                                         
Château du Val Fleury, Gif-sur-Yvette, France, 12 janv - 21 février 2016, ©ldist    

 

 

 

 

Jacques Monory est l’un des plus importants artistes contemporains et des plus singuliers. Depuis les années 1960, aux cotés des peintres du mouvement de la Figuration Narrative, il développe une œuvre qui s’affirme comme une écriture, avec sa signature : l’utilisation récurrente d’une couleur, le bleu, qui filtre la réalité et qui lui permet de transformer le drame en rêve, et de sublimer le réel en tragédie.

 

L'exposition propose l'analyse inédite de la dimension dramaturgique de l’œuvre de Jacques Monory à travers la philosophie stoïcienne, dont il fut un lecteur passionné.

Tragédies Monory met au jour la dimension dramaturgique de la peinture de Monory, en analysant dans quelle mesure et sous quelles formes les principes de Sénèque et d'Épictète imprègnent la narration de sa peinture depuis toujours.

 

Le Manuel d’Épictète l’invite à considérer les événements avec « relativité et distanciation ». Et pour « ne pas prendre les choses au tragique », Monory met à profit le principe stoïcien qui consiste à analyser les faits en différenciant « ce qui dépend de nous de ce qui n’en dépend pas ».

 

La photo du fusillé Mexicain prise par le photographe Augustin Casasola dans les années 1920, par exemple, impressionne particulièrement le peintre. Un homme cigarette à la bouche, les mains dans les poches, souriant devant le peloton d’exécution. «  Ce type de la photo, y est arrivé, bravo ! » admire Monory qui reprend cette photo dans sa peinture (Couleur n°11). Selon lui, ce révolutionnaire ou ce bandit accepte son destin avec dignité et sagesse. Il consent à son sort, celui de mourir, avec calme, tel le stoïcien qui sait que « ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses mais les opinions qu’ils en ont. » (Épictète)

 

www.jacquesmonory.com

 

Laurence d'Ist